trouver son équilibre avant que le tourbillon commence

Il y a un moment, juste avant les Fêtes, où l’air change. Les premières lumières apparaissent aux fenêtres, les agendas se remplissent, les invitations s’accumulent. Et quelque part entre la première neige et le premier party de bureau, le tourbillon s’installe.

Avant qu’il ne nous emporte, voici une invitation : se déposer. Quelques minutes, une tasse de quelque chose de chaud entre les mains, pour se demander simplement : comment est-ce que je me sens, à l’intérieur?

Prendre le pouls de l’intérieur

On le fait rarement. On se demande si les cadeaux sont achetés, si le menu est prévu, si la maison est prête. On parcourt le calendrier pour s’assurer qu’on n’a oublié aucune rencontre familiale, aucune activité entre amis. Mais on se demande peu si nous, on est prêts. Et pas seulement au début de la période : tout au long de décembre, on peut s’offrir de petites pauses pour se poser la question. Où en suis-je? Est-ce que j’ai encore de l’énergie? Est-ce que ce que je fais en ce moment me nourrit, ou est-ce que je suis en pilote automatique?

« Selon un sondage, 79 % des Canadiens qui célèbrent les Fêtes déclarent ressentir au moins une source de stress durant cette période. »
— sondage Léger, décembre 2025.

Ces petits arrêts ne demandent presque rien : cinq minutes dans l’auto avant d’entrer à la maison, une marche dehors, quelques instants sous la douche, avec son café du matin ou avant d’aller au lit, quelques respirations lentes avant de répondre à une invitation. C’est dans ces pauses que l’on entend ce qui, d’habitude, est enterré sous le bruit.

Le 22e souper et le « non » de dernière minute

Vous connaissez sûrement ce moment. On dit oui à un 22e souper parce qu’on ne veut pas décevoir, parce que « ça fait longtemps », parce que c’est les Fêtes. Ou à l’inverse, on refuse une activité en lançant « de toute façon, c’est les vacances de Noël », sans trop savoir si c’est un vrai choix ou une réaction de fatigue.

Dans les deux cas, la question mérite d’être posée : est-ce que ce oui, ou ce non, vient de moi, ou de l’habitude, de la pression, de la culpabilité?

Il n’y a pas de bonne réponse universelle. Un souper de plus peut être un vrai bonheur. Un refus peut être un véritable acte de soin. L’idée, c’est de choisir plutôt que de subir.

Faire sa liste : valeurs, désirs, limites

C’est peut-être le meilleur moment de l’année pour s’asseoir avec un cahier. Pas pour une liste de tâches, mais pour une liste qui nous ressemble. Quelques questions pour commencer :

  • Mes valeurs : qu’est-ce qui compte vraiment pour moi en cette période? La présence, la tradition, le calme, la générosité, la nature?

  • Mes désirs : de quoi ai-je envie, pour vrai? Qu’est-ce qui me ferait me sentir pleinement vivante cet hiver? Et comment ai-je envie de vivre l’année à venir?

  • Mes limites : qu’est-ce qui m’épuise? Qu’est-ce que je n’ai plus l’énergie de faire, mais que je continue par habitude ou par culpabilité?

  • Mes priorités : si je ne pouvais faire que trois choses pendant les Fêtes, lesquelles choisirais-je?

  • Mes non-négociables : qu’est-ce que je protège, quoi qu’il arrive? Et à quoi suis-je prête à dire non, avec douceur et sans me justifier pendant vingt minutes?

Et si c’était simple?

Pour certaines personnes, l’essentiel ressemble à une marche en forêt, le souffle qui fait de la buée, le silence de la neige. Pour d’autres, c’est un chocolat chaud en famille devant un bon film, tout le monde en pyjama, sans horaire. Ou encore des retrouvailles avec des amis qu’on n’a pas vus depuis trop longtemps, autour d’une table sans prétention.

Ce n’est pas la grandeur des moments qui compte, mais leur justesse. Une fois qu’on a identifié ce qui nous nourrit, on peut organiser le reste autour, comme on aménage une maison autour de ses pièces préférées.

Et si on laissait aussi tomber ce sentiment d’urgence qui nous pousse à tout inscrire à l’agenda, simplement parce que ce sont les Fêtes, les vacances ou les dernières semaines de l’année? Comme si l’arrivée de la nouvelle année nous obligeait à voir toutes les personnes qu’on n’a pas vues assez souvent au cours des derniers mois. Pourtant, rien ne nous oblige à tout faire avant le 31 décembre. Certaines retrouvailles peuvent attendre janvier, février ou simplement le moment où l’on aura vraiment le temps d’en profiter.

Une parenthèse pour regarder vers l’avant

Cette pause, entre deux années, est aussi un cadeau. Un moment naturel pour se tourner vers l’an prochain : faire sa liste de souhaits, de désirs, de projets, petits ou grands. Pas des résolutions rigides qu’on abandonne le 15 janvier, mais des intentions douces, nées de ce qu’on aura entendu en soi pendant ces pauses.

Parce qu’au fond, un temps des Fêtes équilibré ne ressemble à celui de personne d’autre. Il ressemble à celui que l’on a pris le temps de choisir.

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Et si votre environnement prenait soin de vous?